- La société française HyLight a levé 13 millions d’euros auprès de Rubio Impact Ventures, DRW et Teampact Ventures, avec la participation de ses investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital.
- Cette opération doit financer l’industrialisation de ses dirigeables autonomes HyLighter, destinés à l’inspection des réseaux électriques, des gazoducs et des infrastructures ferroviaires.
- L’entreprise vise une flotte de 15 appareils opérés simultanément en 2027, contre quatre actuellement.
Fondée en 2022 et basée à Brétigny-sur-Orge (Essonne), HyLight développe des aéronefs propulsés électriquement à partir d’hydrogène, conçus pour collecter des données sur de longues distances. Ses appareils ont cumulé plus de 750 heures de vol et inspecté plusieurs milliers de kilomètres d’infrastructures en France et dans d’autres pays européens. Parmi ses clients figurent Enedis, NaTran, Téréga, VINCI et SNCF Réseau.
Un dirigeable conçu pour les inspections longue distance
Long de 12 mètres, le HyLighter est destiné à réaliser des missions de surveillance des réseaux, notamment pour repérer des défauts sur les installations électriques, contrôler l’état des infrastructures et détecter des fuites de méthane. Selon HyLight, il peut voler jusqu’à dix heures, avec une distance cible de 350 km, et embarquer jusqu’à 10 kg de capteurs.
La charge utile peut comprendre des systèmes LiDAR, des caméras et des détecteurs de méthane. Le constructeur annonce une résolution d’image de 1 mm/pixel à 25 mètres d’altitude et une densité de nuage de points LiDAR supérieure à 1 000 points par mètre carré dans certaines configurations.
La propulsion électrique à hydrogène permet à l’aéronef de fonctionner sans émission directe de CO₂ en vol. Cette caractéristique, associée à son autonomie annoncée, vise à proposer une alternative aux inspections réalisées par hélicoptère, dont le coût d’exploitation, les émissions et les nuisances sonores constituent des contraintes.
HyLight indique que le HyLighter dispose des autorisations nécessaires auprès de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) pour effectuer des vols hors vue du télépilote, ou BVLOS (Beyond Visual Line of Sight), au-dessus d’infrastructures critiques. L’entreprise précise que ses appareils ont déjà été utilisés dans des environnements ruraux, périurbains et urbains.
L’intelligence artificielle pour exploiter les données collectées
HyLight développe également les logiciels de traitement des données recueillies en vol. Ses outils d’analyse fondés sur l’intelligence artificielle doivent permettre de détecter et de géolocaliser automatiquement plus de 50 types de défauts, ainsi que les risques liés à la végétation à proximité des réseaux électriques.
L’objectif est de transformer les images et les mesures collectées en informations utilisables par les équipes de maintenance, afin de faciliter l’identification des anomalies et la préparation des interventions. À terme, l’accumulation des relevés doit alimenter un jumeau numérique des infrastructures inspectées, régulièrement enrichi par de nouvelles données.
Une capacité de production accrue à partir de 2027
Les fonds levés serviront à développer les capacités industrielles de l’entreprise, dont le nouveau site de production est désormais opérationnel, et à internaliser la fabrication de composants stratégiques. HyLight prévoit également de recruter 50 personnes dans l’ingénierie, les opérations, l’intelligence artificielle, la data, les affaires réglementaires et le développement commercial.
Sur le plan géographique, la société entend accélérer son déploiement européen, en ciblant en priorité l’Allemagne et les Pays-Bas. L’augmentation de la flotte et des moyens d’analyse doit accompagner le développement de ses activités auprès des opérateurs de réseaux énergétiques et de transport.






