- FPT a rendu publique une étude internationale intitulée « From Pilots to Reusable Platforms: A Blueprint for Scaling Enterprise AI », menée par le cabinet Forrester Consulting.
- Ce rapport analyse le passage de la phase d’expérimentation à l’intégration opérationnelle de l’intelligence artificielle (IA) au sein des infrastructures d’entreprise à l’échelle mondiale, en s’appuyant sur l’enquête de 397 décideurs et des entretiens avec des dirigeants en Amérique du Nord, Europe, Asie-Pacifique et Japon.
Un décalage entre investissements et déploiement opérationnel
L’étude met en évidence un écart entre les budgets alloués et la maturité de la mise en œuvre pratique. Si 51 % des entreprises interrogées allouent au moins 5 % de leur budget informatique à l’IA, seules 26 % considèrent leur déploiement opérationnel comme avancé. Actuellement, l’usage de l’IA reste focalisé sur l’optimisation des coûts et l’automatisation des tâches, tandis que 34 % des organisations déclarent avoir restructuré leur modèle opérationnel autour d’une approche privilégiant l’IA (AI-first).
La transition vers des applications d’IA plus complexes se heurte à des obstacles structurels. Les principaux freins technologiques identifiés par les entreprises sont la complexité de l’intégration dans les systèmes existants (41 %) et la persistance des silos de données (38 %). De plus, seules 39 % des organisations font état de progrès dans l’alignement de leur gouvernance et de leurs modèles internes avec ces technologies.
Le manque de données de performance complique également l’évaluation du retour sur investissement : 35 % des entreprises ne collectent aucune métrique chiffrée sur leurs projets d’IA, et 10 % ne mesurent aucun résultat, ce qui limite la capacité à identifier les projets aptes à être déployés à grande échelle.
Spécificités du marché français
En France, les priorités et le rythme d’adoption de l’IA présentent des caractéristiques distinctes des tendances observées aux États-Unis, qui restent en tête pour l’impact commercial concret. Les entreprises françaises se concentrent principalement sur les gains de productivité et la réduction des coûts (43 à 47 %), suivis par les projets d’automatisation (45 %).
Les cas d’usage se répartissent de la manière suivante en France :
- La génération d’analyses et d’enseignements (insights) à 65 %.
- L’automatisation des processus liés aux clients à 48 %.
- Les outils de personnalisation à 48 %.
- L’automatisation des processus internes à 36 %.Les obstacles identifiés sur le marché français sont d’ordre technologique et organisationnel, à commencer par la complexité d’intégration (39 %), les difficultés liées aux données (36 %), le déficit de compétences internes (31 %) et les contraintes réglementaires (28 %). Enfin, l’effort financier y est plus mesuré : les investissements des entreprises françaises dans l’IA représentent moins de 10 % de leurs budgets, traduisant une montée en puissance plus lente que dans d’autres régions du monde.
Évolution vers des solutions transversales et méthodologies structurées
Pour dépasser le stade des projets pilotes isolés, 48 % des décideurs privilégient désormais des partenaires capables de gérer l’ensemble du cycle de vie des applications d’IA. Les attentes se concentrent également sur la solidité de la gouvernance (48 %) et l’intégration aux architectures informatiques en place (47 %).
Pour répondre à cette demande de systématisation, FPT s’appuie sur sa plateforme FleziPT et a formalisé une méthodologie baptisée FPT Casan. Cette approche utilise un cadre d’évaluation de la maturité structuré en cinq niveaux — Curious, Augmented, Standard, Automatic, Native — destiné à auditer l’état des systèmes d’une entreprise et à planifier le déploiement de l’IA au sein de ses différentes fonctions de manière reproductible.





