- Nokia et Orange France annoncent avoir mené une expérimentation en conditions réelles de tomographie de réseau appliquée à un réseau de transport optique.
- Cette technologie vise à fournir une visibilité en quasi-temps réel sur l’état des liaisons fibre et des longueurs d’onde transportées, à partir des données déjà disponibles dans les équipements du réseau.
Développée à partir d’algorithmes des Bell Labs de Nokia, la solution analyse des milliers de données issues des équipements de transport optique. Elle reconstitue ainsi une vue de l’état du réseau liaison par liaison, sans nécessiter l’installation de sondes dédiées sur l’ensemble de l’infrastructure. Le principe est comparable, par analogie, à celui d’une tomographie médicale qui permet d’observer l’état interne d’un système à partir de mesures collectées en différents points.
Lors de l’expérimentation menée avec Orange France, cette analyse a permis d’identifier différents types d’anomalies, notamment des dégradations de fibres, des problèmes liés à l’amplification, des erreurs de configuration et d’autres dysfonctionnements susceptibles d’affecter les performances des liaisons optiques. L’objectif est de détecter ces évolutions avant qu’elles n’aient un impact sur les services transportés et, notamment, sur le respect des engagements de niveau de service (SLA).
La tomographie peut également être utilisée pour évaluer la capacité réellement disponible sur les différentes liaisons. Une meilleure connaissance de leur état permet d’ajuster l’exploitation des ressources existantes, notamment en matière d’utilisation du spectre optique. Cette approche peut contribuer à optimiser l’affectation de la capacité et à maintenir les caractéristiques de transmission nécessaires aux services transportés.
Exploitation des données provenant des équipements déployés
L’un des intérêts de l’expérimentation réside dans l’exploitation des données provenant des équipements déjà déployés. La méthode ne nécessite donc pas, pour son principe de fonctionnement, l’installation de nouvelles sondes sur chaque liaison ni des interventions systématiques sur le terrain. Nokia et Orange y voient notamment un moyen de limiter les opérations physiques nécessaires à la surveillance de l’infrastructure.
Cette capacité d’observation automatisée constitue également une brique pour l’évolution des systèmes d’exploitation des réseaux optiques. Les informations issues de la tomographie peuvent être intégrées à des mécanismes d’automatisation afin d’identifier des anomalies, d’en suivre l’évolution et, à terme, de contribuer à certaines opérations de maintenance ou d’optimisation assistées par l’intelligence artificielle.
Pour Nokia, cette expérimentation illustre le passage de mesures ponctuelles et d’investigations manuelles à une surveillance plus continue des infrastructures optiques. « La tomographie de réseau […] dote les opérateurs d’une visibilité en quasi-temps réel sur l’ensemble des liaisons optiques », explique Guil Yazdi, VP, Client Executive Orange chez Nokia. La technologie doit ainsi contribuer à détecter plus tôt certaines dégradations et à exploiter les capacités disponibles avant leur intégration dans des processus d’automatisation plus larges.







