Vendre un instruments aussi performants soit-il ne suffit plus à se différencier ou à satisfaire un client. Face à ce constat, Anritsu a investi il y a environ trois ans dans une société slovaque de développement logiciel. Après avoir pris le temps d’affiner sa stratégie et d’intégrer cette nouvelle unité à ses process, le groupe japonais annonce sa capacité de prendre en charge des développements logiciels personnalisés.
The software is the instrument. C’était l’une des premières devises de National Instruments sur laquelle le groupe texan a basé toute sa stratégie. Keysight Technologies, sans pour autant le négliger, a mis de son côté un peu moins en avant l’aspect logiciel. Ces derniers mois, la firme américaine a cependant annoncé que, parallèlement à la commercialisation d’instruments traditionnels et modulaires, elle allait également orienter sa stratégie vers le développement de solutions combinant matériels et logiciels pour répondre à des applications de test & mesure spécifiques. Elle a aussi a annoncé en mai dernier la création avec l’Institut de technologie de Géorgie, situé à Atlanta, d’un centre de développement logiciel.
C’est au tour du japonais Anritsu de dévoiler qu’il dispose désormais des ressources pour développer des applications logicielles clés en main. « En matière d’instrumentation électronique, l’excellence est un prérequis. Mais il faut maintenant pouvoir répondre à certaines exigences de clients qui ne portent pas uniquement sur des critères techniques de mesure. Le développement d’applications logicielles en fait partie. Nous avons pris conscience qu’il est indispensable de personnaliser les produits et les services associés pour satisfaire certaines attentes», explique Eric Fauxpoint, responsable marketing et communication Europe chez Anritsu.
Cette prise de conscience peut sembler tardive. Pas pour une entreprise japonaise qui n’explore de nouvelles voies qu’après avoir bien soupesé le pour et le contre, qui préfère le plus souvent s’appuyer sur des technologies mâtures, ayant fait leur preuve sur le terrain et dans la durée, qui progresse par touches successives, et qui se méfie souvent des nouveautés, surtout si elles n’ont pas été conçues en interne ou pour le moins de préférence par un homologue nippon. Sauf sans doute en matière de logiciel, ce qui explique en partie le succès de National Instruments au pays du soleil levant.
Anritsu ne fait donc pas exception. Ses dirigeants japonais ont d’abord hésité quand à la stratégie à adopter : acquérir une société spécialisée ou créer une nouvelle activité ? C’est finalement la première option qui a été retenue. Anritsu a repris une société slovaque disposant d’une expertise dans le développement d’applications logicielles dans une grande variété de domaines pour des fournisseurs de produits de grande consommation, de services ou d’équipements professionnels.
Cette acquisition n’est cependant pas le fruit du hasard. L’entreprise, basée à Bratislava, faisait partie des prestataires de la société danoise NetTest, qu’Anritsu a repris en 2005. La collaboration s’est donc donc poursuivie quelques années avant d’aboutir à une intégration complète au sein du groupe nippon. Cela fait déjà trois ans que cette transaction a été conclue, mais le groupe japonais s’est montré discret. Il a préféré prendre le temps d’affiner sa stratégie, de mettre en place et de coordonner ses équipes, et d’intégrer cette nouvelle unité à ses autres entités avant de promouvoir cette nouvelle capacité de développement de solutions logicielles personnalisées.
Pour Anritsu, la Slovaquie présente d’une part l’avantage de faire partie de l’union européenne et, d’autre part, sa capitale se situe à portée de la plupart des centres de décision du continent. Enfin, les 80 développeurs de cette nouvelle entité, outre leurs compétences reconnues et leur coût moindre comparé à un développeur allemand, partagent une culture européenne concernant les approches techniques. Ce qui peut faciliter les échanges et le déroulement d’un projet.
Avec cette nouvelle division baptisée, Anritsu Solutions, le groupe japonais va d’abord s’intéresser à ses secteurs de prédilection : télécom, application mobiles, test automatique, analyse de test, etc. Auxquels s’ajoutent le développement d’applications logicielles embarquées ou encore de traitement et l’agrégation de données.






