- La vente de l’entreprise française LMB Aerospace au groupe américain Loar Holdings pour 367 millions d’euros, incluant la reprise de la dette, a suscité une polémique en France.
- Certains acteurs politiques et industriels ont exprimé des craintes quant à une perte de souveraineté dans le secteur de la défense.
- Pourtant, Thomas Bernard, dirigeant de LMB, a fermement démenti le caractère stratégique de son entreprise, expliquant que ses produits ne sont pas indispensables aux programmes militaires français.
Fondée il y a plus de 60 ans, LMB Aerospace (anciennement LMB Fans & Motors) est une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de ventilateurs, moteurs électriques et machines tournantes. Ces équipements sont principalement destinés aux secteurs de l’aéronautique et de la défense. LMB emploie plus de 75 personnes, principalement sur son site de Malemort-sur-Corrèze, en France.
Bien que ses produits soient intégrés dans des programmes militaires emblématiques, tels que le Rafale, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), les hélicoptères Tigre, le char Leclerc et le porte-avions Charles-de-Gaulle, Thomas Bernard souligne que leur rôle reste limité et non critique.
« Nous ne sommes pas un fournisseur stratégique »
Dans une interview accordée au Parisien, Thomas Bernard a démenti catégoriquement que LMB soit un acteur clé pour la défense française : « Quand je lis que nous sommes un fournisseur stratégique sur Rafale, c’est complètement faux. Sur cet avion, nous n’avons qu’une seule référence, et nous ne sommes pas les seuls fabricants. » Il a également précisé que LMB n’avait plus fourni de matériel pour le char Leclerc depuis 20 à 25 ans, et que les livraisons pour les SNLE et le porte-avions Charles-de-Gaulle avaient cessé il y a huit ans.
Un manque de repreneurs français ou européens
Thomas Bernard a expliqué que seules des entreprises américaines avaient montré un intérêt concret pour le rachat de LMB, malgré les recherches pour trouver un repreneur local. « Nous avons cherché un repreneur qui nous laisse une totale autonomie, qui respecte l’ADN d’une PME française et qui s’engage à développer les activités sur site et en Europe », a-t-il indiqué, regrettant l’absence de propositions de la part d’acteurs français ou européens.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a confirmé cette situation, déclarant : « On n’a pas trouvé ni repreneur français, ni repreneur européen, et sincèrement, je le regrette. » Pour rassurer, l’État français conservera une « golden share » (action préférentielle) dans le capital de LMB, lui permettant de bloquer toute décision stratégique, et la production restera en Corrèze.
Cependant, Patrick Pailloux, délégué général à l’armement (DGA), a reconnu qu’il faudrait 18 mois pour recréer une chaîne de fabrication de ventilateurs similaires à ceux de LMB en cas de rupture d’approvisionnement. « On en a besoin. À l’instant T, s’ils venaient à nous manquer, cela poserait probablement un problème », a-t-il déclaré, tout en assurant que des stocks de 18 mois étaient constitués pour parer à cette éventualité.





